Blaquart, Assaf et Arpinon réunis en juin 2019 à La Bastide (Icon Sport)
B. Blaquart, R. Assaf et J. Arpinon réunis en juin 2019 à La Bastide (Icon Sport)
Blaquart, Assaf et Arpinon réunis en juin 2019 à La Bastide (Icon Sport)
B. Blaquart, R. Assaf et J. Arpinon réunis en juin 2019 à La Bastide (Icon Sport)

Nîmes, ton microcosme impitoyable

Contesté pendant plusieurs mois tant en interne que par les supporters du Nîmes Olympique, Jérôme Arpinon aura tenu jusqu'à fin janvier. Couvert par les diverses strates du microcosme nîmois, ses limites managériales et tactiques auront eu raison de sa place dans un Club qui lui a signifié ne plus vouloir collaborer avec lui. Un soulagement pour toutes les parties, y compris l'entraîneur mis à pied.

On peut dire de certains clubs qu’ils sont à part, uniques. Nîmes Olympique l’est, à son échelle évidemment, de par ses rebondissements. Déroutants, ils participent à la construction de sa tumultueuse histoire. Le micmac interne de ce début d’année n’y échappe pas et aura accouché de Crocodiles libérés comme le prouvent les résultats et la communication du Club depuis février. Tout cela dans une saison dont l’issue semblait pourtant actée en janvier.

En début d’année, le licenciement de Benoit Deplagne, préparateur physique reconnu pour son professionnalisme, est acté pour un litige financier avec sa direction. Ses relations froides avec le coach et son départ ont accéléré un processus déjà frétillant quelques semaines auparavant. En effet, vers début décembre, les premières lassitudes officielles du groupe sur les méthodes de l’entraîneur cherchent à trouver un écho auprès de la direction. À l’écoute, Reda Hammache tentait de son côté d’instaurer avec les joueurs un dialogue qui n’avait jamais pu éclore avant cet épisode : les deux parties auront su créer en janvier une relation de confiance réciproque après plusieurs semaines de balbutiements pour évoquer le sujet.

Reda Hammache, au cœur de la crise

Absent durant la fin de l’année malgré d’innombrables relances en interne (notamment, comme révélé par Laurent Boissier, parce qu’il avait été touché par la COVID-19 à partir d’octobre), Rani Assaf est lui réapparu physiquement vers la mi-janvier pour rappeler la viabilité financière du Nîmes Olympique sur le règlement des salaires et des primes aux joueurs : avant la reprise des droits TV par Canal+ début février, le déficit du Club était quand même estimé par le président du NO à 22M€ en fin de saison.

Jérôme Arpinon et Reda Hammache en novembre 2020 à St-Étienne (Panoramic)
Jérôme Arpinon et Reda Hammache en novembre 2020 à St-Étienne (Panoramic)

En parallèle, le discours d’Hammache a pu se faire l’écho du vestiaire et être entendu par le président. Attendus sur le sujet et contestés par une poignée de supporters par rapport au silence médiatique du Club, leurs interventions respectives sur le dossier ont été plutôt appréciées en interne.

La cassure définitive, bien que lancinante, intervient après la cinglante défaite à Strasbourg (0-5). Lassé de consignes incomprises et d’un climat suffocant (menaces sur un membre du staff, insulte sur un attaquant, titulaires et remplaçants inexplicablement montés entre eux, joueurs envoyés en réserve sans préavis, instabilité constante sur les compositions…), le groupe tente d’exprimer son mal-être pour acquérir son maintien dans une situation compliquée mais pas encore irréversible. Afin d’évoquer le sujet, Hammache rencontre alors un membre de l’équipe après la défaite face à Lille. Vivant entre Paris et Nîmes, l’ancien scout du Stade rennais est au fait de la situation dès décembre et n’a pu que s’affranchir du refus de son président (pour motif économique) sur la mise à pied d’un entraîneur, pourtant choisi par les deux hommes l’été dernier.

Les animations mises en place, quand elles avaient le droit de l’être, par Pascal Plancque sont louées par le groupe.

Autre sujet de tensions cette saison, les nombreuses blessures connues par l’équipe et pour lesquelles le staff nîmois a pu être remis en cause : celui-ci n’a pas perdu la confiance des joueurs et vice-versa. En interne, la gestion des retours de sélection a notamment fait débat sur la première partie de saison. Au quotidien, le staff était désemparé par des séances préparées en amont et remplacées avant le début de l’entraînement par le coach. Ces problèmes d’infirmerie surprennent car le staff technique n’avait pas connu de changements majeurs récemment, à l’exception de l’arrivée d’Aurélien Boche en charge de la réathlétisation. De plus, sur les postes clés, les membres de ce staff étaient déjà présents depuis plusieurs saisons sans que ces soucis de blessures ne s’expriment à un tel point.

Ainsi, l’arrivée de Pascal Plancque en janvier était là pour apporter une vision différente, le directeur sportif connaissant bien l’homme suite à diverses expériences professionnelles communes. Originaire du Nord de la France, le nouvel adjoint de Jérôme Arpinon était pourtant voulu dès l’arrivée de ce dernier en tant que numéro 1 afin de l’épauler : ce dossier avait été à l’époque mis entre parenthèses par Rani Assaf, ce qui a empêché sa venue immédiate. Quelques jours après avoir posé ses valises dans le Gard, Plancque est rapidement salué pour sa gentillesse et sa disponibilité rappelant dans une certaine mesure le management de Bernard Blaquart.

Ses remises en question et son sens du dialogue depuis son arrivée, parfaitement notables en conférence de presse, ont été appréciés : c’est ce qui a notamment pu faire défaut à l’ancien entraîneur du Nîmes Olympique dont les remarques tant dans la presse qu’en interne n’ont pas toujours été bien accueillies. Lorsque Plancque était encore voué à son poste d’adjoint, les animations mises en place à l’entraînement sont alors louées par le groupe qui retrouve un certain plaisir à l’entraînement en début d’année. Malgré ces changements, Arpinon garde quand même la main sur de nombreux choix tactiques et sur les compositions d’équipes, y compris lors du succès à Marseille (2-1).

Même si cela ne s’est pas toujours ressenti sur le terrain d’un point de vue extérieur, l’ambiance entre joueurs ne s’est, elle, jamais vraiment détériorée malgré d’infimes tensions au gré des défaites. Contrairement à l’idée reçue d’une possible fracture entre clans, aucune cassure n’a eu lieu : des cadres comme Anthony Briançon permettent toujours de parfaire l’intégration des nouveaux membres dans le groupe (il participe par exemple aux cours de français-anglais avec N. Eliasson et B. Meling).

Un immobilisme troublant

La gronde des supporters se montre sur les réseaux sociaux, à défaut de pouvoir s’exprimer dans le stade. Avant la confrontation face au LOSC, la consigne donnée par les groupes de supporters est de laisser champ libre aux protestataires sur la manière d’exprimer leur mécontentement, chacun y prenant pour son grade : joueurs, entraîneur, président… Choix que peut l’on estimer cohérent tant la situation au NO a finalement été amenée par l’ensemble des composantes du Club et non par le fait d’une seule personne.

Cependant, aucun groupe de supporters à Nîmes n’aura officiellement pris position dans cet épisode malgré la connaissance de tensions en interne. Sans la mise à pied de l’entraîneur le 5 février, le principal groupe nîmois aurait en revanche sonné le glas de son mutisme partiel lors de la veille du match face à Monaco après de longues semaines de débats internes.

La presse locale, par deux de ses acteurs majeurs, s’est réfugiée dans cet univers taciturne.

La presse, par deux de ses acteurs majeurs, s’est réfugiée dans cet univers taciturne. Une partie d’entre elle, s’étonnant d’ailleurs de n’avoir que très peu de « confessions » de joueurs cette saison, s’est employée à jouer un jeu hasardeux visant à dénigrer assidûment les supporters sur des revendications pourtant légitimes et en utilisant, qui plus est, des arguments fallacieux (« […] d’autant qu’il n’est responsable ni des moyens, ni du recrutement »). En cela, la clémence aveugle accordée à l’entraîneur tant dans l’analyse des prestations que sur les questions posées à propos de ses choix tactiques et managériaux interroge sur la neutralité d’une poignée de correspondants décryptant l’actualité du Nîmes Olympique.

En janvier, de simples supporters sur le réseau social Twitter tentent brièvement d’exposer l’une de ces situations en interne. Sans que l’initiative n’ait eu de réelle influence sur le cours des évènements, elle aura au moins eu le petit mérite d’exister et à coup sûr d’avoir un écho en interne au Nîmes Olympique. D’ailleurs alerté de ces propos à l’hôtel au moment du repas la veille du match face au PSG, le coach gardois tenta de rassurer à table quelques joueurs convoqués pour les assurer de son soutien.

Quelques jours avant son départ, l’entraîneur demande au directeur des opérations du NO d’inviter des membres de « pages sur les réseaux sociaux » relayant l’actualité du Club gardois. Cette initiative visait à se rendre à La Bastide pour constater la bonne ambiance aux entraînements. Une démarche déconcertante tant la qualité des séances faisait clairement défaut depuis le début de saison et surprenait même très amèrement les nouveaux venus de l’effectif qui s’étonnaient en privé du contenu proposé en rapport au niveau du championnat de France. Preuve de ce bon fonctionnement interne, l’annonce du départ d’Arpinon est actée quelques jours seulement après le texto envoyé par le directeur des opérations.

Cette mise à pied lui aura probablement permis de se soulager d’une fonction qu’il n’avait jamais voulu quitter.

Usé depuis des mois par les remarques vindicatives des supporters dans une ville qu’il côtoie et apprécie, Arpinon aura donc tenté un ultime tour. Malheureusement, en vain… Son départ, à l’inverse de Bernard Blaquart, n’a fait l’objet d’aucun remerciement sur les réseaux sociaux ni de la part d’un seul membre du Club ni du Nîmes Olympique lui-même. Cette mise à pied lui aura probablement permis de se soulager d’une fonction qu’il n’avait jamais voulu quitter mais qui l’affectait forcément de par les pesantes critiques qu’il subissait au quotidien malgré sa volonté restée sans faille.

Historique parmi les historiques, et même s’il avait effectué un passage de deux ans au GFC Ajaccio (ville où il a ses attaches également) à partir de 2012, ce passionné de sports de combat était retourné dans le staff nîmois au moment de l’arrivée de Jean-Marc Conrad reléguant Julien Redon, jeune préparateur physique sous Victor Zvunka, avec la réserve à l’été 2014. Ce départ marque donc la fin d’une longue page débutée il y a plus de quinze ans au Nîmes Olympique et signe un acte fort (une mise à pied) qu’aucune direction n’avait voulu prendre auparavant.

Une influence interne progressivement réduite

Le lendemain de la nouvelle, le principal quotidien régional titrait sur la mise à pied de l’entraîneur : « soldat du club tombé au front » ou bien « vilipendé par les réseaux sociaux ». Une métaphore guerrière qui prête à sourire tant les deals conclus sur les transferts (ce qui n’a jamais été le cas de Blaquart ou d’Hammache jusqu’à présent) par le « soldat du club » et Laurent Boissier, liés par des liens familiaux, ont mis en difficulté le Nîmes Olympique lors du mercato estival en 2019.

Un des transferts a ainsi pu interroger tant pour sa viabilité sportive que pour son prix élevé : celui de Vlatko Stojanovski en fait partie. D’une part car le Nîmes Olympique s’est mis, du jour au lendemain, en quête de renforts tous originaires des Balkans (Duljević, Stojanovski et Jovičić) sur un même mercato sans posséder de cellule de recrutement en capacité d’effectuer un suivi de ces joueurs. Les trois footballeurs possédaient d’ailleurs la particularité d’appartenir à la même agence, basée en Serbie, LIAN Sports.

D’autre part, le prix d’achat de 500 000€ apparaît toujours en totale déconnexion avec la réalité du marché pour un joueur de 22 ans venant d’un championnat au très faible niveau et qui ne comptait pas encore de sélection avec son pays. L’avenir de Stojanovski au haut niveau n’est évidemment, et souhaitons-lui le meilleur, pas défini aujourd’hui mais il convient de le replacer à un niveau qui est le sien. L’attaquant évolue cette saison à Chambly, 19ème de Ligue 2, avec un statut de remplaçant pour quatre titularisations et aucun but inscrit.

La complexité de ce type de transaction réside dans la difficulté d’évaluer un véritable prix pour un footballeur : Stojanovski reste malgré tout un joueur potable, convoqué récemment avec sa sélection (pour laquelle il a déjà marqué) et son « talent » pourra toujours être couvert par divers motifs s’il n’est pas encore totalement exploité (traduction, s’il venait à ne pas « percer ») d’ici l’expiration de son contrat avec Nîmes en juin 2022.

Dans ce fonctionnement, Arpinon dont les pouvoirs dépassent la simple fonction d’entraîneur adjoint depuis l’arrivée de Boissier en tant que directeur sportif, entretient en parallèle une relation fréquente avec Christophe D’Amico et Jean-Christophe Cano (son représentant). Tous deux intermédiaires dans des transferts liés au football, ils ont été souvent impliqués dans les transactions de joueurs au Nîmes Olympique ces dernières saisons. Depuis la remontée du Club en Ligue 1, ils ont pu profiter de cette bonne entente avec l’ex-entraîneur nîmois leur permettant par exemple de récupérer Téji Savanier (avant son transfert à Montpellier) ou encore Romain Philippoteaux.

Le forcing généralisé (de changement d’agent) lors de plusieurs arrivées de joueurs a eu des conséquences sportives peu reluisantes.

Ainsi, des joueurs ont été très fortement encouragés à rejoindre les rangs de ces intermédiaires possédant aujourd’hui une petite colonie du côté de Montpellier (T. Savanier, A. Delort, J. Chotard…) et auparavant à l’OM : c’est le cas de l’attaquant Umut Bozok qui a toujours refusé de changer de représentant. Dès lors ce choix acté, le jeune joueur a dû malgré lui voir son idylle nîmoise s’arrêter subitement et son exil lui avait alors été vivement « conseillé » durant sa première saison en Ligue 1 comme implicité dans une interview avec France Football ou sur Canal+ dans l’émission J+1.

Le prix de son transfert pose lui aussi question pour un garçon possédant la nationalité française (donc européen) et restant sur ses trois saisons précédentes auréolé d’un statut de meilleur buteur de National puis de Ligue 2 à moins de 23 ans. Il n’est pas là question de surévaluer ses qualités intrinsèques de footballeur qui ne l’auraient probablement pas amené dans un « top club » (Lyon par exemple) : son passage à Lorient n’a pas été convaincant et il appartient maintenant à Troyes, leader de la Ligue 2, avec qui il rejoue. Non, il convient juste de prendre en compte les données de sa valeur pure au moment de son départ pour la Bretagne et de s’apercevoir, à l’inverse, du faible montant obtenu par le Nîmes Olympique malgré le peu d’approches concrètes.

Parfois imposé, ce forcing notamment lors d’arrivées de joueurs a eu d’autres conséquences sportives peu reluisantes. Lors de cette même période estivale, le NO recherche un attaquant après les départs d’Alioui, Bozok et Guillaume pour des sommes dérisoires. Le Club gardois cible alors un joueur de L1, aujourd’hui en Belgique, en manque de temps de jeu. Convoité par d’autres clubs de l’élite, cet international africain donne son accord à Nîmes avec l’aval de Blaquart. La transaction échouera finalement suite au véto mis par le joueur et son entourage, refusant de collaborer (ou plus clairement, de changer d’agent) avec le représentant imposé par les membres du directoire sportif au Nîmes Olympique. Ainsi jusqu’en janvier 2020, l’équipe évoluera sans aucun avant-centre de métier.

Laurent Boissier et Rani Assaf en août 2018. (Icon Sport)
Laurent Boissier et Rani Assaf en août 2018 (Icon Sport)

Il est nécessaire de rappeler que Jérôme Arpinon et Laurent Boissier ont joué un rôle central dans la remontée du Nîmes Olympique en Ligue 1 et il n’est pas question de minimiser ce fait. Leurs apports respectifs sont à souligner notamment avec la nomination de Bernard Blaquart, avec des prêts concluants (Bernardoni, Ferri, Maouassa, Boscagli, Del Castillo) et des transferts remarquables (Ferhat, Savanier, Bouanga, Bozok, Alioui, Thioub) malgré des moyens très limités. Cependant, et alors qu’il était annoncé du côté de Rennes ou de Guingamp, la suite du parcours de l’ancien DS du Nîmes Olympique dans le monde du football détonne puisqu’il est aujourd’hui conseiller municipal au sein de la liste de Jean-Paul Fournier (maire de Nîmes), près d’un an et demi après son départ.

À l’aube du retour du NO dans l’élite, l’absence de board avec une ligne directrice claire a fait que le désormais adjoint aux sports de la Ville s’est retrouvé trop souvent livré à lui-même, devant gérer des dossiers qui ont pu le dépasser à certains moments. C’est ici l’une des failles de Rani Assaf qui a « fait confiance » et délégué dans un milieu qu’il ne fréquentait que récemment lors de son arrivée à la présidence en 2016 : il n’a pas su fermer des portes à des propositions et des entourages pas toujours positives pour une entité sportive. Celles-ci n’ont pas aidé l’ex-directeur sportif, se sont démultipliées avec l’arrivée de la Ligue 1 à Nîmes et des intérêts économiques bien plus grands que pouvaient générer ceux de la Ligue 2 (commissions, salaires…). *

C’est ainsi qu’en janvier 2020, l’arrivée de Reda Hammache en lieu et place de Laurent Boissier marque une profonde rupture (voulue par le président) au Nîmes Olympique tant dans le processus de recrutement que la conclusion des dossiers. Le jeune directeur sportif conclut rapidement les venues de Moussa Koné et de Yassine Benrahou, deux de ses choix. Grapillant légèrement sur les prérogatives d’Arpinon, les relations entre les deux hommes ont pu parcimonieusement s’entraver lors du mercato suivant de par ce pouvoir d’influence sur les transferts. Malgré cela, le premier cité avait été le choix du Club lors de l’été 2020, ni Assaf ni Hammache n’étant alors enclins à continuer l’aventure avec Blaquart.

Ces agissements sont connus du mundillo footballistique (joueurs, agents, dirigeants, journalistes) depuis des années. Celui-ci n’a jamais voulu prendre la peine de l’expliciter pour plusieurs motifs. Tout d’abord pour conserver, du moins localement, deux des principales sources du Club. Ensuite, pour la crainte d’un possible blacklistage au NO et c’est ce qui avait d’ailleurs été quasiment le cas pour un journaliste local reconnu au début de cette saison après un article peu au goût de l’entraîneur.

Quel avenir ?

Bien que très souvent occupé à d’autres activités et que ses absences à répétition mettent parfois en danger le Club, Rani Assaf aura montré qu’il était prêt à se séparer d’un entraîneur qu’il avait soutenu à ce poste de numéro 1. Longtemps, sa connivence avait beaucoup troublé à Nîmes et interrogeait sur ses réelles intentions : l’épisode aura en partie répondu à la question. Le mercato d’été, bien qu’actuellement pas entièrement satisfaisant (la piste de l’international algérien Karim Aribi, validée par le DS, est par exemple amenée par Jérôme Arpinon via Abderaouf Zarabi qui aura joué un rôle d’intermédiaire sur ce transfert), aura aussi prouvé la nouvelle capacité du Club à dénicher des joueurs étrangers, de divers horizons avec un véritable et long travail de scouting sur chacun d’entre eux.

Pascal Plancque lors de Nîmes Olympique - AS Monaco en février 2021 (FEP/Panoramic).
Pascal Plancque lors de Nîmes Olympique – AS Monaco en février 2021 (FEP/Panoramic).

Bref, le Nîmes Olympique tâtonne toujours mais s’ouvre au moins à l’extérieur avec un directeur sportif venant d’un horizon différent (maîtrisant plusieurs langues) et des méthodes novatrices dont les effets seront à juger dans le temps. Cette approche ira peut-être à l’inverse d’une certaine idée du football d’antan, liée à l’ancrage local que le NO perpétuait à travers les âges (dernièrement avec les jeunes pousses de Blaquart) et se traduira possiblement par un trading plus intensif de joueurs. Avec elle, s’opère un autre changement : la légère distance mise par Hammache auprès d’une presse locale qui a l’habitude de fonctionner en symbiose avec le Club, notamment sur les transferts.

Même si ces manœuvres seront logiquement propices au débat, le NO est à un tournant de son Histoire. Celui d’un virage à saisir avec précaution : s’adapter aux nouveaux codes du foot-business (où l’on parle d’actif et non de joueur) pour demeurer au haut niveau sans renier ses valeurs, son passé et ses forces qui perdurent année après année. Contestables, ces méthodes auront au moins le mérite d’exister pour un Club qui n’a aujourd’hui que peu d’options pour survivre en Ligue 1 en raison de sa faible capacité financière due à un bassin économique et un potentiel d’attractivité pour l’instant limités.

En février, la prise de fonction de Plancque en tant qu’entraîneur principal aura dans les faits permis d’enchaîner une série de quatre matchs sans défaite (trois victoires et un nul), une première cette saison, concrétisée par la prise de dix points. En comparaison, ce nombre correspond à ce que le Nîmes Olympique avait engrangé en dix-sept matchs, du derby victorieux début octobre jusqu’à l’ultime match d’Arpinon face au PSG près de quatre mois plus tard. Des résultats encourageants et un visage différent qui peuvent présager d’une réussite nouvelle pour l’équipe lors du sprint final de dix matchs à aborder.

Le Nîmes Olympique va aborder des étapes cruciales dans les prochains mois : son potentiel maintien en L1 et la concrétisation de son nouveau stade.

Dans cette histoire, le grand oublié reste le public. Loin de ces tumultes internes, son opinion ne peut difficilement se construire autrement que par les tweets de correspondants locaux ou alors tout simplement, et c’est peut-être ce qu’il reste de mieux à faire, par les prestations de son équipe chaque week-end. Pour tout cela, le supporter nîmois paye l’addition et assez chèrement : la remise en cause de son entraîneur, son abonnement non remboursé (le Club s’y était engagé avant le volte-face de Mediapro) ou encore sa louable volonté d’aller voir son équipe à Marseille sans un quelconque soutien ou message de l’entité qu’il entendait pourtant soutenir et encourager avec fierté.

Qu’importe, le Nîmes Olympique va donc aborder des étapes cruciales de son développement dans les prochains mois : son potentiel maintien en Ligue 1 et la concrétisation de son nouveau stade. Au fil de cette évolution, la majorité silencieuse devra s’exprimer et être respectée par un Club qui est lui dans l’urgence de créer une véritable relation basée sur la confiance, l’honnêteté et la transparence avec ses fidèles. Finalement, ces bons et braves supporters le mériteraient bien et c’est désormais ce que le public de Nîmes dans son intégralité se doit aussi d’aller chercher de lui-même.

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