Minute de silence avant Bordeaux-Nîmes en octobre 2020 (IMAGO)
Minute de silence avant Bordeaux-Nîmes en octobre 2020 (IMAGO)
Minute de silence avant Bordeaux-Nîmes en octobre 2020 (IMAGO)
Minute de silence avant Bordeaux-Nîmes en octobre 2020 (IMAGO)

La rencontre avec le supporter adverse : « L’irrégularité est le mot qui caractérise le mieux notre équipe »

Battu au match aller (2-0), le Nîmes Olympique reçoit les Girondins de Bordeaux pour le compte de la 26ème journée de Ligue 1. Après une victoire face à Dijon, les Crocodiles doivent confirmer. Qu'attendre de ce match ? Réponse avec Nando, supporter bordelais.

Avec une victoire face à Dijon, les Nîmois croient de nouveau au maintien. Ce succès permet à Nîmes de grapiller une petite place au classement et de se rapprocher de Nantes et Lorient, adversaires prochains. Bordeaux n’est peut-être pas un concurrent direct au maintien, mais chaque point est bon à prendre et cela commence ce dimanche. Bordeaux se doit de se rattraper après sa contre-performance face à Marseille la semaine passée à 11 contre 9. La situation très tendue en interne, le changement d’entraîneur et les ambitions du club, Nando (@NandoChachalana) supporter Bordelais a répondu à nos questions.

Lors du match aller, les Girondins s’étaient facilement imposés.

Peux-tu te présenter en quelques mots à nos lecteurs ?

Salut à tous, je m’appelle Nando Chachalana, je suis sur Twitter depuis 2013 et co-fondateur d’AS Foot. C’est un média traitant de l’actualité footballistique sur Twitch, Twitter et Instagram. Nous réalisons trois émissions hebdomadaires en live vidéo : debriefs de matches, talk, interview de personnalités du monde du Football. Nous n’hésitons pas à donner la parole à toute personne qui aime ce sport. Le point fort de ces émissions, outre la programmation ou le contenu que nous essayons d’upgrader chaque semaine, c’est l’échange permanent avec ceux qui nous suivent et regardent. Nous échangeons via un chat dans lequel nous relevons les réactions et les questions.

Bordeaux est actuellement sur une série de 4 matchs sans victoire. La dernière étant face à Angers le 24 janvier. Bordeaux s’est ensuite incliné face à deux gros du championnat (OL et LOSC) puis a chuté à Brest. Lors du dernier match, à 11 contre 9, les Girondins n’ont pas réussi à vaincre l’Olympique de Marseille. Que manque-t-il au club afin de viser les places européennes (dernière participation – phase de groupe Europa League 2018-2019) ?

Il nous manque de la profondeur de banc et de la qualité à certains postes. Ensuite ce supplément d’âme, cet état d’esprit qui fait qu’à 1-0, tu continues d’aller de l’avant en cherchant à mettre le second. Pas uniquement essayer de tenir le score. Ce même supplément d’âme qui t’amène à faire preuve de solidarité lorsqu’un partenaire est en difficulté ou à faire bloc quand un jeune de 20 ans est bousculé par un adversaire.

Malgré l’irrégularité des résultats, quel type de contenu propose Bordeaux cette saison en général ?

On a retrouvé cette saison une solidité défensive intéressante, et du mieux dans le jeu par intermittence, notamment grâce à Hatem Ben Arfa (par son jeu à proprement parler mais surtout par son influence, des joueurs comme Adli ou Oudin semblent plus libérés depuis qu’il est là). On a aussi retrouvé un Otavio de très haut niveau de novembre à fin janvier jusqu’à sa blessure. Mais l’irrégularité est le mot qui caractérise le mieux notre équipe. Les prestations des Girondins, c’est comme une boîte de chocolats, en l’ouvrant, on ne sait jamais sur quoi on va tomber…

Le lien entre les dirigeants bordelais et les supporters est quasiment rompu. Ce conflit n’est pas nouveau et commence à durer. Cette grogne des supporters est-elle partagée par le grand public ?

Oui, je pense que 90% des supporters bordelais en ont assez de cette gouvernance fantôme. Le FC Girondins de Bordeaux n’est pas un jouet ou uniquement une marque: c’est une institution. Le club a un patrimoine, des valeurs dans lesquelles beaucoup, dont je fais partie, ne se reconnaissent plus ou très peu. Mais nous l’aimons ce club, viscéralement. Je ne parle pas du Bordeaux Girondins, je parle du FC Girondins de Bordeaux, des Girondins ! Le souci c’est que notre président ne connaît ni le Club (son histoire, son environnement, ce qu’il représente dans la région) ni le football. A partir de là, c’est compliqué.

Que penses-tu de l’apport d’Alain Roche et de Jean Louis Gasset ?

C’était le meilleur choix possible à faire à l’intersaison. Ils ne parlent pas pour ne rien dire, bossent et sont à l’écoute du groupe et des supporters. Je les apprécie pour ce qu’ils véhiculent : franchise, rigueur, bonhomie et honnêteté intellectuelle. C’est un rôle de tampon entre le Président et les supporters qui n’est pas facile à assurer. Ils font avec les moyens du bord, avec une enveloppe de transfert à 0€ aux deux mercatos car les finances sont exsangues mais ils gardent le cap, la foi, sans pleurer et ça, c’est tout à leur honneur.

Yassine Benrahou a joué et a été formé à Bordeaux. En 2018, il signe son premier contrat professionnel avec les Girondins de Bordeaux après 4 ans au club. Ses débuts sont timides et il n’arrive pas à s’imposer avec le groupe professionnel. Comment le voyais-tu lorsqu’il évoluait à Bordeaux et comment le vois-tu maintenant à Nîmes ? A-t-il pris assez de maturité pour enfin performer au haut niveau ?

Yassine est un “joueur de foot” déjà dont j’adore : bourré de talent. J’aimais bien son style, sa technique et sa vitesse balle au pied, sa qualité sur coup de pied arrêté mais comme vous le dîtes, il n’a finalement que (trop) peu joué, 10 matches il me semble. Franchement je ne l’ai que peu vu sous les couleurs nîmoises, donc difficile de me prononcer. Désolé mais c’est déjà fastidieux de me taper nos matches, donc si en plus je me tape les vôtres je vais finir par me jeter par la fenêtre. Je lui souhaite en tout cas de réussir, Nîmes est un club parfait je trouve pour glaner du temps de jeu nécessaire à sa progression. Si Yassine veut franchir un palier, il doit gagner ses galons de titulaire et enchaîner les matches/performances de haut niveau, il en a toutes les aptitudes selon moi.

Bordeaux est une équipe sans réelles ambitions : une équipe de milieu de tableau ne pouvant ni voir plus bas ni plus haut (les propos d’Adli). À quoi s’attendre pour le match face à Nîmes ?

Je pense que les joueurs sont vexés des nombreuses critiques (justifiées) dont ils ont fait l’objet suite au dernier match contre Marseille, incapables de faire la différence à 9 contre 11 durant la dernière demi-heure.
Je crois en leur capacité à répondre présents dimanche dans les intentions, après, vont-ils réussir à l’être dans la réalisation ? Aucune idée, même si je l’espère.

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